Sur les émotions qui m’habitent
Voilà que je peux me dire,
Après tant de tâtonnements
Avec un peu plus de facilité.
J’en suis étonné et ému.
Dans l’attente de chaque jour à venir,
Dans l’accueil de l’inattendu,
Je me recueille, encore un peu, aux creux du silence.
Je sais que je peux déposer mes possibles
Et les laisser germer ainsi en offrande.
J’ai découvert l’importance du temps
Qui ne vieillit pas, qui s’alanguit seulement
Pour ouvrir des espaces imprévisibles.
Je tente chaque jour de préserver avec amour
Cette parcelle de vie reçue en dépôt
Tout en début de mon existence.
Pendant des années je l’ai ignorée, maltraitée
Et trop souvent même disqualifiée.
Je veille avec passion
A ne pas la blesser, à ne plus l’ignorer.
Je l’entoure de soins, de respect et de bienveillance.
J’essaie de l’embellir, de lui donne une ampleur,
Un espace, c’est-à-dire plus de vivance.
Cultiver la vivance de notre vie,
Voilà un enjeu vital pour chacun.
Cet engagement envers ma vie,
Longtemps si mouvant, si incertain,
Me semble aujourd’hui plus ferme, plus cohérent.
Même si ma vigilance est mise à chaque jour
A dure épreuve, même si je m’égare parfois,
Ou me perds dans des errances dérisoires,
Avec des repas trop faciles, des rythmes non respectés,
Ou trop d’hémorragies de temps perdu,
Gaspillé avec des puérilités stériles,
Autour de satisfaction factices.
Je garde, précieuse, la douceur émerveillée
Des instants de plaisir et d’abandon
Dans les rencontres essentielles.
Je t’encourage, ma vie, à m’accompagner longtemps,
Proche et sensible, présente et fidèle.




